Vibe coding : définition, limites et vrais usages
Le vibe coding, c'est décrire son besoin à une IA qui écrit le code. Définition, origine du terme, exemple concret et limites avant la production.
Vibe coding : la définition en une phrase
Le vibe coding est une manière de fabriquer un logiciel en décrivant son besoin en langage naturel à une IA, qui écrit le code à votre place. Vous n'ouvrez plus un fichier pour taper des instructions : vous expliquez l'objectif, vous lancez le résultat, puis vous demandez une correction par une nouvelle phrase. Le code existe toujours, mais vous ne le lisez plus vraiment. Ce que vous obtenez dépend donc surtout de la précision de votre prompt et de la capacité du modèle à saisir le contexte de votre projet.
L'expression décrit moins une technologie qu'une posture de travail. On avance au ressenti, on garde ce qui marche, on relance quand ça casse. Un développeur qui relit chaque ligne générée, la teste et la corrige ne fait pas du vibe coding : il fait du développement assisté par IA. La nuance paraît mince, elle change tout sur la fiabilité du résultat final.
Ce que veut dire le mot, mot à mot
« Vibe » signifie ambiance, ressenti, feeling. « Coding » veut dire codage. L'expression dit donc littéralement : coder à l'ambiance. Elle est volontairement moqueuse, parce qu'elle désigne une pratique où l'on accepte de ne plus maîtriser le détail technique.
Le vibe coding en français
Il n'existe pas de traduction officielle. On entend « codage au feeling », « programmation à l'intuition » ou « codage vibratoire », et aucune de ces formules ne s'est imposée. Dans les faits, les équipes françaises emploient le terme anglais tel quel, comme elles le font pour le no-code. Si vous devez l'expliquer à un dirigeant en dix secondes, « décrire au lieu de coder » reste la formule la plus claire.
D'où vient le terme : la phrase d'Andrej Karpathy
Le terme a une date de naissance précise. En février 2025, Andrej Karpathy, ingénieur en intelligence artificielle, ancien directeur de l'IA chez Tesla et cofondateur d'OpenAI, publie un court message sur X : « There's a new kind of coding I call "vibe coding", where you fully give in to the vibes, embrace exponentials, and forget that the code even exists. » Traduit librement : il y a une nouvelle façon de coder où l'on s'abandonne complètement au ressenti, et où l'on oublie jusqu'à l'existence du code.
Dans le même message, il décrit sa méthode sans détour : « I just see stuff, say stuff, run stuff, and copy paste stuff, and it mostly works. » Je regarde, je parle, je lance, je copie-colle, et ça marche à peu près. L'auteur précisait aussi que l'exercice reste acceptable pour des projets jetables du week-end. Ce détail a largement disparu quand la formule est devenue virale.
L'expression a d'abord circulé comme un meme sur X et LinkedIn, avec son lot de captures d'écran de projets effondrés. Puis elle est entrée dans le vocabulaire courant du software development, au point que le dictionnaire Collins en a fait son mot de l'année 2025. Une boutade de chercheur sert donc aujourd'hui à décrire une pratique professionnelle bien réelle.
Comment ça marche concrètement
Le principe tient dans une boucle courte, répétée autant de fois que nécessaire. Vous décrivez, l'outil produit, vous testez, vous redécrivez. Le modèle garde en mémoire les échanges précédents, ce qui lui permet d'ajuster sans repartir de zéro. Les outils récents vont plus loin : ils lisent les fichiers du projet, lancent les commandes et corrigent leurs propres erreurs, ce qui en fait de véritables agents IA.
- Vous décrivez l'objectif en langage naturel : « un formulaire de devis avec envoi par e-mail ».
- L'outil écrit les fichiers, installe les dépendances et lance un aperçu.
- Vous regardez le résultat dans le navigateur et vous signalez ce qui ne va pas.
- L'IA modifie le code, relance, et vous recommencez jusqu'à obtenir quelque chose d'utilisable.
- Vous publiez, puis vous observez le comportement avec de vrais utilisateurs.
Ce qui limite l'exercice, ce n'est presque jamais la puissance du modèle. C'est ce qu'il ignore de votre métier : vos process, vos clients, le volume réel de données à traiter. Un outil qui ne sait pas que vous facturez à la demi-journée produira un planning à l'heure, impeccable et inutilisable.
Les outils de vibe coding les plus utilisés
Trois familles cohabitent aujourd'hui. Les assistants intégrés à l'éditeur de code s'adressent aux développeurs : GitHub Copilot, Cursor, Windsurf ou Claude Code. Les plateformes génératives visent plutôt les profils non techniques et créent une application complète depuis une simple demande : Lovable, Bolt, v0, Replit. Derrière tout cela, ce sont des LLM comme Claude, GPT, Gemini ou Mistral qui font le travail.
La plupart de ces services proposent un essai ou un palier gratuit, souvent plafonné en nombre de requêtes. Quotas et tarifs bougent vite, vérifiez-les à la source. Le coût réel d'un projet ne se joue pas là, de toute façon : il se joue dans le temps passé à rattraper une base mal cadrée.
Vibe coding dans VS Code ou sur Cursor ?
La question revient sans cesse et la réponse est moins tranchée qu'on l'imagine. Cursor est un éditeur dérivé de VS Code, pensé dès le départ pour le dialogue avec un modèle. VS Code fait la même chose avec des extensions : Copilot, Cline, Continue, Roo Code ou l'extension Claude Code. Si vous travaillez déjà dans VS Code, commencez par une extension ; si vous partez de zéro, Cursor vous épargnera du temps de configuration.
Dans les deux cas, l'éditeur ne fait pas la différence. Ce qui la fait, c'est votre capacité à décrire précisément, à découper les demandes en petites étapes et à relire ce qui sort. Le meilleur réflexe consiste à rédiger un mini cahier des charges avant même d'ouvrir l'outil. Dix lignes écrites à l'avance valent mieux que trente allers-retours improvisés.
Un exemple concret, pas une démo de salon
Cet exemple résume l'intérêt et le piège. La méthode a permis de valider une idée en deux soirées, là où un cadrage classique aurait pris plusieurs semaines. En revanche, rien n'a été produit sur ce que personne n'avait demandé : droits d'accès, sauvegardes, journalisation, conformité. Une IA répond toujours à la question posée, jamais à celle que l'on a oublié de poser.
Vibe coding vs real coding : là où ça casse
La différence entre vibe coding et développement professionnel ne porte pas sur la vitesse d'écriture. Elle porte sur tout ce qui entoure le code : les tests, la sécurité, la reprise par un autre humain, la montée en charge. Un prototype généré en une heure peut très bien marcher et rester impossible à faire évoluer six mois plus tard. C'est exactement la frontière que pointait Karpathy en parlant de projets jetables.
La sécurité, premier angle mort
Un modèle écrit le code le plus plausible, pas le plus sûr. Clés d'accès laissées en clair, formulaires sans validation, base de données ouverte en lecture : ces défauts sortent régulièrement d'une génération non relue. Ils ne se voient pas à l'usage, ce qui les rend particulièrement dangereux. Sur un site qui collecte des données personnelles, l'erreur se paie en incident, en perte de confiance et parfois en déclaration à la CNIL.
La dette technique arrive plus vite
À chaque correction demandée, l'IA ajoute plutôt qu'elle ne simplifie. Au bout de quelques dizaines d'allers-retours, le projet contient des morceaux redondants, des fonctions mortes et des dépendances inutiles. Plus personne ne sait pourquoi telle partie existe, pas même l'outil qui l'a écrite. Reprendre un code pareil coûte souvent plus cher que de le réécrire proprement.
L'IA se trompe avec aplomb
Un modèle peut inventer une fonction qui n'existe pas, ou affirmer qu'un correctif est appliqué alors qu'il ne l'est pas. On appelle cela une hallucination, et c'est inhérent au fonctionnement de ces systèmes. Le ton reste toujours aussi assuré, ce qui pousse à faire confiance sans vérifier. Sans test automatisé pour trancher, vous n'avez aucun moyen fiable de savoir si ça marche vraiment.
Ce qui ne se délègue pas
Certaines décisions ne devraient jamais sortir d'une génération automatique. Le choix de l'hébergement, la structure des données, la gestion des paiements et le traitement des informations personnelles engagent votre entreprise pour des années. Une IA proposera une solution qui fonctionne le jour du test, sans arbitrer vos risques. Ces choix restent humains.
Les erreurs qu'on voit le plus souvent
- Mettre en production un prototype sans relecture ni test.
- Enchaîner des demandes vagues au lieu de découper le besoin en étapes.
- Accepter un correctif sans vérifier qu'il corrige réellement le problème.
- Laisser l'outil choisir seul la base de données et l'hébergement.
- Oublier les obligations légales : mentions, consentement, données personnelles.
À quoi ça sert vraiment dans une TPE ou une PME
Mal employée, la méthode produit un site fragile que personne ne veut reprendre. Bien employée, elle devient un excellent outil de décision. Elle permet de répondre en quelques jours à la question la plus coûteuse d'un projet : est-ce que ça vaut le coup ? Trois usages sortent du lot pour une petite structure.
- Le prototype pour trancher : une maquette qui fonctionne vaut mieux qu'une réunion de plus.
- Le MVP testé sur un petit groupe d'utilisateurs avant d'investir.
- Les automatisations internes sans enjeu de sécurité : export, mise en forme, tableau de suivi.
Une fois l'idée validée, le projet change de nature. Il lui faut un cadrage, une architecture, des tests et quelqu'un qui assume la maintenance dans la durée : c'est le moment de passer à une vraie création de logiciel. Le prototype n'est pas perdu pour autant, il sert de spécification vivante. C'est souvent le meilleur cahier des charges qu'un dirigeant puisse apporter à son prestataire.
Un point mérite d'être dit clairement à qui veut un site qui rapporte. Une application générée à la va-vite ignore presque toujours le socle qui fait venir les visiteurs : structure des titres, vitesse de chargement, balisage, pages indexables. Un outil interne peut vivre sans cela ; un site public, non.
Se former, oui, mais à quoi
Les offres de formation au vibe coding se multiplient, avec des promesses parfois généreuses. Ce qui s'apprend utilement, c'est la formulation d'une demande, le découpage d'un besoin et la relecture critique d'un résultat. Les bases du métier restent nécessaires : sans elles, vous ne pouvez pas juger ce qu'une IA vous rend. L'outil accélère un savoir-faire, il ne le remplace pas.
Questions fréquentes
C'est le fait de créer un logiciel en décrivant ce que l'on veut à une IA, qui écrit le code pendant que vous jugez le résultat à l'œil. Le terme vient d'Andrej Karpathy, qui l'a lancé en février 2025 dans un message resté célèbre. L'idée centrale tient en peu de mots : vous évaluez le comportement du programme, plus son code.
C'est la possibilité de fabriquer un outil simple sans apprendre un langage de programmation. Vous expliquez votre besoin comme à un prestataire, en français, et vous obtenez une application qui se lance. La limite est nette : vous n'avez aucun moyen d'évaluer la qualité ou la sécurité de ce qui a été produit. Pour un usage interne sans données sensibles, c'est jouable ; pour un site client, non.
Le premier optimise la vitesse de la première version. Le second optimise la durée de vie : tests, sécurité, documentation, reprise par une autre personne, évolutions. Les deux se complètent très bien à condition de garder l'un pour explorer et l'autre pour produire. Le passage de l'un à l'autre se décide, il ne se fait pas tout seul.
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